| |
Il est pas facile pour moi de poser noir sur blanc ma vie parce que je n’arrive pas à me définir. A vrai dire je suis plutôt quelconque. Cyril, c’est comme ça que je m’appelle, est ni blanc ni noir… C’est une image… Bon disons ni froid ni chaud c’est mieux. Enfin tout ça pour dire que Cyril n’est pas très extravagant à la base, oui je sais je parle de moi à la troisième personne du singulier mais c’est pour que ça fasse plus biographique.
Je pense que Cyril est avant tout un flémard… oui un flémard et quand je dis avant tout c’est vraiment avant tout puisque même pour sa naissance Cyril a eu la flemme de se bouger du ventre de sa mère. Oui Cyril était un hideux post maturé de dix jours. Tout rouge violacé avec une oreille collée, il pesait pas moins de 4kilos 400 ! Il effrayait tout le monde ce bébé mais comme c’était leur seul enfant, ses parents eurent le courage de le garder. Toujours aussi flémard, il marchât assez tard mais sans oublier l’essentiel : son premier mot fût « gâteau ». Sa mère avec l’aide de sa pédiatre finit par avoir raison du surpoids de Cyril. Du coup mécontent de pouvoir poursuivre sa carrière de sumo, Cyril essaya d’être acrobate. Encore bébé, il réussit sous les yeux effarés de son père le salto par-dessus la barrière de son lit. Plus tard il fit du trampoline sur le lit de ses parents seulement cette fois ci il atterrit menton en avant sur la commode. Encore une carrière de brisée.
Puisque fils unique, Cyril était un enfant très calme et solitaire jusqu’à ce matin de septembre 1990 où il fit la rencontre de Jimmy. C’était au portail de la cour de récréation d’une des écoles mixtes des Milles, l’un dit à l’autre : « tu veux être mon copain ? ». A partir de là les deux garçons ne se quittèrent plus. Dans cette même cour Cyril assista impuissant à la perte de connaissance de Jimmy suite à un choc avec un ballon de basket. Même chose dans la cour de récréation de l’école primaire Auguste BOYER, cette fois ci c’est le genoux du pauvre Jimmy qui tapât un rocher. Puis les deux garçons rencontrèrent Cédric, le seul petit garçon de leur classe capable de suivre l’imagination débordante de Cyril et Jimmy. Ces trois là n’avaient pas besoin de jouets pour s’amuser. Ils passaient leurs récréations à s’imaginer des histoires plus folles les unes que les autres. Loin du foot, loin des trappes-trappes-bisous, Cyril Jimmy et Cédric étaient des supers héros sauvant les vies de jeunes filles en détresses. Seulement parfois leur monde interagissait avec la réalité comme la fois où ils réussirent à briser la vitre d’une porte vitrée juste en poussant dessus (on peut le dire, maintenant y a prescription). Puis Cédric déménagea, heureusement ils eurent l’idée de s’inscrire aux « Eclaireuses, éclaireur de France » pour continuer à se voir. Seulement voilà les « éclés » c’est comme les scouts mais en laïque et Cyril et Jimmy n’étaient pas du tout du genre jeux collectif comme le ballon prisonnier et n’aimaient pas non plus les chants scouts accompagnés à la guitare le soir au bord du feux. Non Cyril et Jimmy aux « éclés » étaient plutôt du genre à faire tout ce qui était interdit de faire et à aller partout où il était interdit d’aller. |